BiblioRemix – le projet Snowden : déployer Tor en bibliothèque

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Les 18 et 19 mars derniers, le réseau des bibliothèques de la Ville de Paris a organisé un BiblioRemix. Pendant deux jours, nous étions une cinquantaine de personnes (bibliothécaires et non-bibliothecaires) à nous creuser les méninges pour inventer les bibliothèques de demain. C’était mon premier BiblioRemix et je suis ravi d’avoir pu y participer. C’est une expérience vraiment intéressante qui permet de réfléchir et d’échanger différemment sur les bibliothèques. J’en profite encore pour remercier les collègues qui l’ont organisé. Ils ont assuré.

Parmi les projets qui ont été proposés, un a retenu mon attention : le projet Snowden. Ce projet visait à faire de la bibliothèque un espace de protection des libertés numériques à travers la mise en place d’un relais Tor pour anonymiser et protéger les données personnelles des usagers qui utilisent la connexion Internet de l’établissement. Ce projet est directement inspiré du Library Freedom Project dont j’ai déjà parlé sur ce blog.

Je dois dire que je suis assez fier du travail que nous avons réalisé avec Azra, Annabelle, Fabrice et Marine. Je ne vous en dis pas plus, je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous qui présente notre projet :

Ce projet mériterait vraiment de voir le jour dans notre pays. D’ailleurs le Freedom Library Project a récemment publié un modèle de lettre à transmettre aux tutelles pour les convaincre de développer ce service. La lettre est disponible ici.

« TOR est un outil essentiel pour les bibliothécaires qui veulent aider les personnes, aussi bien à la bibliothèque que dans le monde, à reprendre possession de leur vie privée et défendre leur liberté intellectuelle.
Cela peut être fait de différentes façons comme par exemple en installantle navigateur Tor (Browser) sur les ordinateurs de la bibliothèque. Cela permet aux usagers de naviguer de façon anonyme. Le simple fait de devenir un utilisateur de Tor rend le réseau plus efficace. Plus il y a d’utilisateurs, plus il est difficile d’identifier des utilisateurs.

Un autre rôle clé que les bibliothèques peuvent jouer au sein du réseau Tor est de configurer des relais Tor et en particulier les noeuds de sortie. Les relais sont maintenus par des bénévoles à travers le monde et aident à préserver l’anonymat des utilisateurs et leur localisation. Les noeuds de sortie sont particulièrement nécessaires parce qu’ils sont la troisième et dernière couche de protection à partir de laquelle sort le trafic pour accéder au site sur lequel l’internaute veut se rendre. C’est la seule étape où les informations ne sont plus chiffrées et où il apparaît que l’utilisateur accède au site depuis le réseau Tor. En tant qu’espace public garant de la liberté intellectuelle, les bibliothèques sont un espace idéal pour héberger des noeuds de sortie. »