A propos du prêt d’ebooks en bibliothèque

gileslane Flickr CC-BY-SA-NC

Du partenariat avec le Motif en passant par l’expérimentation locale, le prêt de liseuses et/ou de tablettes se multiplie dans les établissements de lecture publique (ici , ici ou ). Il suffit de faire une recherche sur son moteur de recherche préféré pour se rendre compte de la banalisation de cette opération. L’idée d’offrir ce service aux usagers a trouvé une légitimité. Cette opération s’accompagne toutefois d’un certain nombre de questions et de remarques.

Un service au succès assuré

D’une manière générale, le prêt de liseuse rencontre un certain succès auprès du public. Les readers et autres tablettes sont des objets attrayants qui éveillent souvent la curiosité. J’ai pu participer, dans la bibliothèque où je travaille, à une des expérimentations en partenariat avec le Motif. Les listes d’attente se sont rapidement allongées. Certains lecteurs ont réservé leur liseuse en mai et n’ont pu l’obtenir qu’en octobre. Signe manifeste du succès de l’opération :-)

Quels sont les publics captifs ?

  1. Les personnes âgées
  2. Les acheteurs potentiels
  3. Les geeks

1. La liseuse ou la tablette séduisent pour différentes raisons. Il y a le traditionnel argument imparablo-infaillible du choix de la taille de la police. C’est devenu un lieu commun qui recouvre néanmoins une certaine réalité. Les lecteurs âgés ou déficients visuels ont été nombreux à nous vanter cette fonctionnalité. J’en connais qui ont renoncé à la lecture papier au profit de l’encre électronique. Dans la famille des marronniers, il y a aussi la catégorie des publics qui n’arrivent pas toujours à se rendre à la bibliothèque (heures de travail, éloignement) mais qui apprécient la possibilité d’emporter une quarantaine de titres d’un coup.

2. Il y a également celles et ceux qui sont prêts (sans jeu de mots bibliothéconomique) à se procurer une liseuse mais qui souhaitent tester le produit, voir si ça correspond à leur besoin, si ça marche bien… Effectivement, les bibliothèques peuvent s’apparenter à une succursale d’un fabricant. Tout comme elles servent de vitrines pour les éditeurs :-p

3. Enfin, il y a aussi le public ascendant geek friand de nouvelles technologies et qui saute sur l’occasion pour tester ces nouveaux dispositif de lecture numérique. Cependant, ce type de public n’a pas été la catégorie la plus importante dans notre échantillon. Les liseuses sont sur le marché depuis quelques années maintenant. Ils ont déjà eu l’occasion de les tester.

La variété des publics, de leurs besoins et de leurs attentes constitue un ensemble de facteurs favorables à la réussite de ces expérimentations.

Petit détour par la case fracture numérique

Si la fracture numérique existe, elle trouve souvent son origine dans la fracture sociale. On ne peut la nier. On la côtoie même au quotidien dans certains établissements.  C’est en partie au nom de la lutte contre cette fracture que les bibliothèques devraient s’orienter vers le prêt de liseuse. Il me semble qu’il est indispensable de permettre à chacun de bénéficier des progrès technologiques. « De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins » devrait être inscrit sur le fronton de chaque établissement. Évidemment, nous ne vivons pas dans le monde des Bisounours. Le livre numérique ne fait pas encore consensus et implique des coûts dans un contexte de disette budgétaire. Mais partout où cela est possible, il me paraît important d’intégrer ces nouveaux dispositifs de lecture.

Les problèmes liés aux liseuses

Plusieurs problèmes apparaissent avec le prêt de liseuse.

  1. La batterie : A la différence des livres papiers, les liseuses nécessitent une batterie pour fonctionner. Il faut donc veiller à l’état de la batterie au moment du retour. On peut prêter le cordon d’alimentation avec la liseuse. Mais si l’usager n’a pas d’ordinateur, ça lui fera une belle jambe.
  2. La prise : Certains modèles de liseuses présentent des défauts notamment du côté de l’alimentation. Si les lecteurs ont la main lourde, ils risquent d’enfoncer la prise. Cela a pour conséquence d’avoir une liseuse à usage unique. Une fois la batterie déchargée, il n’est plus possible de la recharger sans passer par la case « Retour au fabricant ».
  3. Travail de maintenance: Au moment du retour, il faut s’assurer que le contenu de la liseuse est intacte, vérifier les problèmes qui peuvent apparaitre à l’usage (autonomie, allumage, affichage, tactile, wi-fi…).
  4. Gestion des réservations: Il faut calmer les ardeurs des lecteurs qui s’impatientent.
  5. Les contenus: Beaucoup trop d’éditeurs pourrissent leurs ebooks de DRM. Cela peut rendre invivable la gestion en interne et restreint les libertés des lecteurs qui ne peuvent pas prêter le livre qu’il vient de lire.

Le prêt numérique a-t-il un sens?

Cette expérience m’a conduit à me poser quelques questions sur la pertinence du prêt de livre numérique en bibliothèque. Le prêt numérique relève par certains aspects du masochisme.

  1. Le prêt numérique réintroduit la notion de biens rivaux dans un environnement d’abondance.
  • Dans le monde physique : A prête son livre papier à B. A ne possède plus  son livre papier.
  • Dans le monde immatériel: A prête son livre électronique à B. A possède toujours son livre. Il a simplement dupliqué son fichier numérique.

2.  Livres chronodégradables

  • Dans le monde physique: A emprunte un livre papier à la bibliothèque. Il a trois semaines pour le rendre. Il dépasse les 3 semaines. A dispose toujours du livre. Il risquera une amende ou une suspension. Ce n’est pas la solution qui me convient le plus mais le lecteur connait les règles. Des bibliothèques américaines ont même mis en place l’indemnité alimentaire, après tout pourquoi pas?!)
  • Dans le monde immatériel : A emprunte un livre électronique. Il a trois semaines pour le lire. Il dépasse les 3 semaines. Son ebook s’autodétruit. Il ne peut plus le lire. Avec sa chance, A devra probablement attendre avant de pouvoir réemprunter ce titre et finir sa lecture.

C’est bien mais qu’est-ce qu’on peut faire ?

Le modèle de prêt actuel ne convient pas, il est trop contraignant pour les bibliothécaires et pour les lecteurs. Mais malheureusement dans la situation actuelle, nous ne disposons pas de grandes marges de manœuvres.

Une des pistes à explorer consisterait à prêter le support. Est-ce que ce type d’expérience a déjà été réalisé ? La bibliothèque pourrait mettre à disposition des lecteurs des liseuses vierges pour une période donnée. Le lecteur disposerait ainsi de la possibilité de s’approprier l’outil et les contenus. En effet, il apprendrait à utiliser l’appareil, à acheter des ebooks, se prendre la tête avec les DRM… Il pourrait charger les contenus qu’il souhaite plutôt que des titres plus ou moins imposés par la bibliothèque. J’entends déjà les critiques. Évidemment, ce système pose plusieurs problèmes notamment en ce qui concerne les ebooks. Que faire des livres une fois la liseuse rendue? Le prêt en bibliothèque ne serait plus tout à fait gratuit puisque le lecteur devrait acheter lui-même les contenus. Mais le lecteur bénéficierait certainement d’une plus grande liberté.

Il existe une autre voie mais qui serait à mon sens la plus dramatique pour les bibliothèques. Elles pourraient décider d’abandonner le prêt numérique. Toutefois cette solution s’apparenterait à un aveu de faiblesse et reviendrait à reconnaître la victoire des éditeurs hostiles au prêt en bibliothèque. Ce sont ceux qui considèrent que les établissements de lecture publique vampirisent les ventes

Il y aurait peut-être une  solution intermédiaire qui serait à la croisée des deux précédentes.  Les bibliothèques achèteraient uniquement des ebooks sans DRM. Mais cela priverait les lecteurs d’une partie la production éditoriale. Toujours dans la logique de concilier liberté et prêt numérique, les bibliothécaires pourraient proposer à leurs lecteurs des œuvres du domaine public, d’autres sous Creative Commons ou encore des œuvres placées volontairement par leurs auteurs dans le domaine public. Ce choix, politique, serait l’occasion pour les bibliothécaires d’effectuer un véritable travail de prescription et de médiation. Ainsi, ils offriraient une meilleure visibilité et une plus grande notoriété à des auteurs qui ont été exclus par le monde de l’édition traditionnelle.

La dernière hypothèse que les bibliothèques pourraient envisager est très…avant-gardiste. Prenons le temps d’imaginer des solutions aussi irréalistes qu’elles puissent être. Folles, absurdes, inenvisageables certes, mais qui régleraient certainement nos problèmes.  Et si le prêt devenait une forme  de « don ». Pour comprendre ce raisonnement, il ne faut pas raisonner avec les modèles que nous connaissons actuellement. Refusons d’adapter la logique du prêt physique au livre numérique. Si le prêt numérique n’a pas de sens, repensons totalement ce service dématérialisé. Imaginons l’impossible. Le lecteur « emprunte » un livre numérique mais n’aurait pas à le rendre (c’est idiot de rendre une copie d’un fichier). Il le conserverait, pourrait le relire. Je vois déjà des poils hérisser et des yeux s’injecter de sang.  Et si c’était ça l’avenir du prêt numérique en bibliothèque ? Fini les usines à gaz, fini les DRM, fini la chronodégradabilité, fini la logique du support physique appliquée au numérique. Mais cette solution ne pourrait pas fonctionner sans une transformation profonde de tout ce qui concerne le numérique (économie, politique, pratiques). Il faudrait raccorder cette proposition à la légalisation du partage non marchand entre individus et la mise en place d’une contribution créative.

Les idées présentées plus haut sont peut-être absurdes mais la position du compromis n’existe pas. Les modèles de prêt imposés proposés actuellement ne sont pas du tout satisfaisants. Les bibliothèques ne contrôlent rien. Elles se font imposer des conditions. Les lecteurs pâtissent également de la politique des éditeurs trop frileux. La recherche d’un modèle économique est un leurre. Les éditeurs ne cherchent pas à construire un modèle. Ils l’ont déjà trouvé (prix excessifs, streaming, chronodégradabilité, rachat obligatoire…).  Ils sont satisfaits de ce qui existe, ils engrangent des bénéfices.  Quand on propose aux bibliothèques des solutions comme celle de Premier Chapitre, il n’y vraiment pas de quoi se réjouir. C’est inadmissible de proposer de la lecture sur écran en pdf et avec des connexions limitées. Les bibliothèques vont payer une fortune pour un service archaïque. Le pdf est tout de même l’antithèse de la lecture  numérique. Il ne faudrait pas nouer de partenariat avec un acteur qui considère chaque lecteur comme un pirate potentiel. C’est le cas de Premier Chapitre qui revendique le pdf pour limiter la copie ! La solution pour sortir de cette impasse pourrait passer par une mobilisation des professionnels du secteur. Des initiatives existent (publie.net, le label édition équitable…) et des éditeurs sont déjà prêts à jouer le jeu.  Benoît Roux, directeur des éditions Libel, expliquait cette semaine à ActuaLitté:

« Nous avons besoin des bibliothèques pour faire découvrir nos ouvrages. Moi, je serai prêt à offrir gratuitement les livres numériques de ma maison aux établissements, pour qu’ils puissent les proposer en prêt. Je ne sais pas ce que pensent les grandes maisons d’édition, mais de notre côté, nous voulons que nos œuvres soient lues, et les auteurs pensent de même… »

21 commentaires à propos de “A propos du prêt d’ebooks en bibliothèque

  1. Le prêt de livres numériques en bib a-t-il un sens quand justement, avec le numérique, les conditions même du prêt échappent aux bibliothèques ?

    Qu’est-ce que le prêt à l’heure du num. ? Dans un monde où l’accès se déplace du document à des systèmes ? Demain, nos bibliothèques vont-elles nous permettre d’accéder à Spotify ou Deezer ? Comment ? Vont-elles négocier des accès de gros à Netflix pour permettre à leurs abonnés de louer les films de leurs choix ? Si le prêt peut s’organiser dans un monde de produit, quid dans un monde de service ? Sauront-elles capables de mettre en place quelque chose du type TotalBoox : http://www.totalboox.com pour ne payer que ce qu’elles consomment plutôt que des bouquets d’offres ?

    L’autre problème, pour l’instant, c’est également que les conditions de prêt, à l’heure du num. échappent de plus en plus aux bib. Peuvent-elles être capables de construire des offres de matériel et de contenus : http://blog.univ-angers.fr/rj45/2012/10/11/990/ ? (je pense que oui pour ma part).

    Pourquoi avec le numérique ne devraient-elles défendre plus que l’accès au domaine public, certes essentiel, mais pas suffisant ?

    Il me semble que cela fait longtemps que les bibliothèques s’interrogent, sans construire de regroupement qui leur permettraient de construire des offres, de négocier avec les éditeurs. Tant qu’elles ne feront pas ce premier pas, de construire ce qu’elles désirent offrir, je pense effectivement, qu’elles resteront dans des atermoiements et des questionnements.

  2. je lis toujours avec amusement (mais respect) les analyses actuelles sur le livre numérique en bibliothèque. Pour constater que les idées avancées ne correspondent généralement pas à la réalité.
    @ Hubert : « sans construire de regroupement qui leur permettraient de construire des offres, de négocier avec les éditeurs » . Le réseau Carel créé en mars dernier est habilité à négocier (c’est une asso de collectivités, soit dit en passant, parce que les bibliothèques publiques n’ont aucune capacité juridique pour négocier) les ressources numériques. Et bienvenue aux volontaires
    Et pas sûr que les négociations doivent se faire avec les éditeurs : il y a aussi les libraires, les diffuseurs et ces acteurs ne semblent pas(encore) aujourd’hui en mesure de dire quelle sera le cadre de la négociation (en rappelant qu’il y a prix unique)
    @ Thomas : la « fixette » sur le livre numérique homothétique sous droits cache bien la forêt : les autres livres numériques quel que soient leurs statuts , les nouveaux livres (enrichis/application) et surtout le potentiel même de la lecture numérique qui se passera plutôt dans le Web que dans les liseuses..
    En attendant cet avènement, le liseuse et la tablette restent de sacrés bons outils pour faire découvrir la lecture numérique aux fréquenteurs des bibliothèques. Parce que cette mission-là , on la doit
    A bientôt

  3. Et là j’ai honte de ma faute d’accord
    donc je dis :
    « Et pas sûr que les négociations doivent se faire avec les éditeurs : il y a aussi les libraires, les diffuseurs et ces acteurs ne semblent pas(encore) aujourd’hui en mesure de dire quel (ouf) sera le cadre de la négociation (en rappelant qu’il y a prix unique) »
    je rajoute que je tiens ça de la table ronde Livre numérique en bibliothèque organisée au et par le SLL le 5 décembre 2012, à l’occasion de la présentation d PNB Dilicom.
    A suivre

  4. Merci Thomas pour ce billet très intéressant, ça fait plaisir de voir que des jeunes bibliothécaires comme toi prennent ce genre de positions!

    @hubert : des expériences de type « read first pay later » adatpées à la bibliothèque existent depuis quelques années au Texas, j’en avais rendu compte ici. http://www.bibliobsession.net/2010/09/08/les-bibliotheques-de-luniversite-du-texas-proposent-des-ebooks-a-volonte/

    Nous avons trop tardé (et Michel merci de rendre à César : ce n’est pas l’ADDNB qui a renforcé CAREL en association, l’initiative vient bien de la Bpi alors qu’elle aurait pu venir de l’ADDNB depuis des années) mais c’est chose faite , dans quelques jours sortira un ensemble de recommandations de Carel sur le livre numérique. Ce que nous voulons et ce que nous en voulons pas. Les DRM ? Le prêt Numérique ? on en veut pas.

    On aura beau expérimenter ce qu’on veut, ce sont bien les grands éditeurs qui ont les clés et les fichiers alors bon pour moi le prêt numérique est une absurdité et l’achat à l’acte aussi, ce n’est pas soutenable pour les budgets publics à court et à moyen terme. Alors quoi ? Il nous reste à miser sur le continent des licences libres et du domaine public et sur une élément essentiel : celui de la médiation déconnectée de l’accès au document primaire : ça c’est stable !

    • Étant donné qu’on est encore au début des expérimentation (dans le sens où est pas la situation des BU avec la doc elec), on peut se permettre de refuser ensemble les offres actuelles des éditeurs et les forcer à répondre à nos attentes.
      Mais encore faut-il que tout le monde le fasse.

    • Bonne nouvelle donc !

      Mais miser sur le seul domaine public me semble tout de même un moyen d’éviter de se confronter au problème. C’est un peu comme si on ne trouvait en bib que des oeuvres du domaine public. Elles seraient bien vides ;-) . Tout comme la médiation déconnectée de l’accès au document primaire. C’est comme si la bibliothèque n’était qu’un site de recommandation de lecture, sans permettre d’accéder aux oeuvres. Un club de lecture sans livres…

      Si l’achat à l’acte est une absurdité et si le prêt l’est aussi, quelles sont les solutions ? Que serait une offre provenant des bib ? Je pense effectivement que l’une comme l’autre ne sont pas satisfaisantes, mais la seule médiation ou la seule défense des contenus libres n’est pas non plus tenable à terme. On voit bien en fait qu’il va falloir construire une offre et que c’est à vous d’en délimiter les conditions.

      • Réponse à retardement. Je crois qu’il faut voir la bibliothèque plus globalement que dans son seul rapport au livre numérique. Le numérique est multi ou pluri-média, pas le livre papier. C’est cela qui change fondamentalement, en créant des connexions aux sources de savoir au-dessus du livre. Du coup domaine public, licences ouvertes, créations, productions sont une face importante. Et sans doute que demain le livre homothétique sous droits ne sera plus un enjeu entre éditeurs et bibliothèques, mais l’accès sur le Web, oui.

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  6. Essayons d’oublier le modèle physique et d’envisager quelque chose qui parte des opportunités (quelles qu’elles soient, technologiques, légales, économiques etc…) et non des contraintes; qui ait pour objectif de favoriser la lecture. Dans le modèle porté par BiblioVox (à savoir le streaming/abonnement), chaque ouvrage peut être lu par un nombre illimité de lecteurs simultanés quel que soit l’endroit où ils se trouvent (dès lors qu’il sont abonnés à leur bibliothèque municipale). Chaque consultation engendre rémunération reversée aux ayant-droits.

    Je sens deux objections pointer. La première: quid de la lecture hors ligne? Pas de problème. La technologie le permet et cela ne passe pas par la chronodégradabilité ou les DRM. Ce sera en place dans BiblioVox sous peu (le compte à rebours a commencé ;-) La deuxième: qui choisit les livres, quid de la propriété des livres? BiblioVox permet de se lancer avec un catalogue étoffé, envrion 11500 livres. C’est un bon début. Ce catalogue n’est pas figé: il croît au gré en particulier des suggestions des lecteurs et des bibliothèques, suggestions qui sont relayées aux maisons d’édition. Tout livre suggéré n’est pas forcément un livre que la bibliothèque souhaite posséder. Il y a bien des raisons à cela: on imagine mal en effet qu’une bibliothèque ait à désherber des fichiers numériques! Il y a donc des livres à acheter parce qu’il est aux yeux de la bibliothèque légitime de le faire et il y a des livres pour lesquels l’accès prime sur la propriété. BiblioVox traite déjà avec succès le deuxième cas. Dans le premier cas, pourquoi ne pas proposer aux maisons d’édition le schéma suivant: le fichier numérique est acquis en pleine propriété. Il est ensuite versé dans BiblioVox (qui combine livres de propriété et livres d’accès) où il n’est accessible que des usagers de la bibliothèque qui en a fait l’acquisition. La maison d’édition est rémunérée pour la propriété (prix du fichier) et pour l’usage (via l’abonnement à BiblioVox). Tout le monde y trouve son compte: les lecteurs ont accès à un vaste choix d’ouvrages et ne se retrouvent pas dans la situation incompréhensible de leur point de vue d’un espace numérique plus contraint que l’espace physique (au mieux reproduisant les contraintes de l’espace physique), les bibliothèques ont plusieurs leviers à leur disposition, les maisons d’édition déploient leurs ventes sous plusieurs modalités.
    Ce modèle est déjà en place en milieu académique via notre famille ScholarVox. Alors pourquoi ne pas s’inspirer de recettes qui ont fait leurs preuves?

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  8. là on part en peu en troll sur ce sujet.. ce qui montre qu’il manque encore des espaces de discussion et d’échanges sérieux sur ce sujet.
    @Silvère : si tu es Bpi tu es Bpi et étant lié au Carel par convention,soumis quoiqu’on en pense, à un réel devoir de réserve.
    Si tu es Bibliobsession, juste te rappeler que tu n’étais pas né (numériquement) quand l’AddnB a commencé à mettre des ressources électroniques dans les bibliothèques. Et continue à le faire à la demande de ses adhérents. Quand ils n’en voudront plus, ils sauront nous le dire. Je souhaite de tout coeur au Carel le même succès.

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  16. Je vois que votre réflexion n’avance pas !…toujours à demander la légalisation du partage non marchand, et être contre les DRM pour les prêts. Vous tuez votre seule chance de passer l’évolution numérique en bibliothèque. La solution est pourtant simple; laisser se développer le « Partage Marchand », et fournir en bibliothèque QUE des livres papiers. Si l’ouvrage est emprunté, alors par un site web (sur place ou de son lit), on peut le télécharger gratuitement avec DRM, pour ne pas faire de concurrence déloyale avec la vente. Quant au prêt de liseuse, ce serait un gouffre financier en maintenance/casse, sans compter qu’elles seront obsolètes avant même d’être diffusées (mon Kindle à 59€ est plus confortable!).

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