Piratebox : bilan d’étape

Piratebox de la bibliothèque Dumont

Cela fait maintenant plusieurs mois que nous avons mis en place des piratebox à la bibliothèque. C’est l’occasion de réaliser un petit bilan, de partager cette expérience et peut-être de donner envie de la vivre !

Après plusieurs semaines de mise en service, nous commençons à avoir plus de questions de la part des lecteurs. Généralement, les usagers nous demandent de quoi il s’agit, à quoi ça sert, comment ça marche… Voici quelques réponses rapides pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs !

  • De quoi s’agit-il? La PirateBox est un dispositif qui permet de télécharger des contenus appartenant au domaine public ou libres de droit.
  • A quoi ça sert ? (si la réponse précédente n’a pas suffit, en rajouter une couche avec des exemples concrets). Cela permet de découvrir la lecture numérique. N’importe qui peut accéder au même livre sans problème d’indisponibilité.
  • Comment ça marche ? Vous venez avec votre ordinateur (portable de préférence), une tablette, votre smartphone ou tout autre appareil disposant d’une connexion wifi. Pour les plus coriaces, ne pas hésiter à mentionner les termes « routeur », « firmware » et autres jargons.

 

« Et sinon, vous connaissez la piratebox ? »

Comme tout projet, il est important de communiquer autour de la piratebox. Il est important que l’ensemble des collègues parlent de la piratebox au public. Plus il y a de personnes qui en parlent, plus il y a de personnes informées. CQFD.

Nous sommes passés par différents canaux de diffusion. Nous avons utilisé le journal de la ville dans lequel un article sur la piratebox a été écrit (p.27.).

Les bibliothèques de la ville disposent aussi d’un blog dédié à l’actualité numérique du réseau. La Piratebox a donné lieu à un billet expliquant ce nouveau dispositif. Dans un second temps, nous avons uploadé une partie du contenu de la piratebox sur DropBox. Le dossier partagé est accessible depuis la page multimédia du portail des bibliothèques. Cela semblait plus pertinent d’élargir l’accès aux documents électroniques à l’ensemble des lecteurs. En effet, si un lecteur veut télécharger un livre de la piratebox, il n’est pas contraint de se rendre sur place. De plus, nous fonctionnons en réseau et n’avons que deux piratebox. Cela permet aux équipements non pourvus en piratebox d’offrir ce service à l’ensemble des lecteurs (inscrits ou non).

Nous nous appuyons également sur les réseaux sociaux pour disséminer l’information. Ces outils peuvent être utilisés à chaque mise à jour des contenus de la piratebox. Ils sont aussi utiles pour faire la médiation d’une œuvre en particulier.

Pour la rendre visible dans nos murs, nous avons également réalisé des affiches afin de la matérialiser dans la bibliothèque. Il est important que la piratebox soit visible. Il faut veiller à la mettre en scène afin que le public se l’approprie. L’exemple de la ville de Lezoux dans le Puy-de-Dôme me semble être un bon exemple de valorisation de la piratebox.
 

« D’accord, mais les lecteurs alors ? »

Nous aimerions avoir un retour de l’utilisation de la piratebox. Malheureusement, il n’est pas possible actuellement de générer des statistiques d’utilisation. Cela serait certainement possible en saisissant quelques lignes de codes. (Si quelqu’un a la commande, merci de la partager !). Nous ne pouvons donc pas savoir combien de personnes s’en servent.

Il y a également un élément important à prendre en compte. C’est celui du wifi. Est-ce que votre bibliothèque dispose du wifi ? Si c’est le cas, votre public a certainement développé des habitudes en matière de connexion à distance. Il a désormais le réflexe d’activer le wifi de son appareil, de chercher un réseau et de s’y connecter.

En ce qui concerne la bibliothèque où j’exerce, nous n’avons pas encore le wifi (ce n’est plus qu’une question de jours/semaines). Par conséquent, les usagers ne sont pas habitués à se connecter sur le réseau distant. Néanmoins la demande existe véritablement. Nous avons régulièrement des demandes de la part des lycéens/étudiants sur le wifi. Par ailleurs, cette catégorie du public est particulièrement visée par la piratebox. Une part non négligeable possède un smartphone et a donc la possibilité de se connecter en wifi. Une autre partie est intéressée par les contenus disponibles. En effet, les programmes scolaires reposent essentiellement sur les classiques de la littérature. Il est souvent demandé aux élèves de travailler sur Rabelais, Molière, Racine et compagnie. Bien souvent les œuvres étudiées sont rapidement empruntées. La piratebox permet de dépasser le problème de rivalité des biens physiques.

 

« Ça vous intéresse ? »

La piratebox en bibliothèque est vraiment un projet intéressant qui mêle plusieurs problématiques. Ce dispositif mérite de se développer largement dans les bibliothèques. D’une part, la piratebox est un instrument de mise en valeur des biens communs. En effet, nous faisons la promotion des œuvres du domaine public. Le public peut s’approprier (au sens propre) les œuvres. Il les télécharge et en fait ce qu’il veut.

D’autre part, la piratebox est l’occasion d’introduire la lecture numérique dans nos établissements. Si on ne dispose pas de bibliothèque numérique, la piratebox représente une bonne opportunité de présenter les livres numériques aux lecteurs.

Enfin, la piratebox offre aux bibliothèques la possibilité d’être en lien avec les pratiques numériques. Les études sur les pratiques culturelles des français tendent à montrer l’importance de l’écran dans nos modes de consommation de biens culturels. La bibliothèque offre ainsi un service correspondant aux attentes du public.

Vous aimeriez mettre en place une piratebox mais vous craignez de vous faire retoquer par votre direction, par votre DSI, voire les deux ?

Voici un petit argumentaire qui, je l’espère, vous aidera :

  •  La piratebox ne coûte trois fois rien. Pour une quarantaine d’euros, vous avez un produit merveilleux !
  • Présentez le projet avec une appellation plus acceptable (Bibliobox, Library, Routeur qui permet de télécharger des livres du domaine public en toute légalité…)
  • Aucun danger pour la sécurité du réseau. La connexion est indépendante de toute connexion internet.
  • La piratebox est un excellent moyen de médiation
  • La piratebox permet de renforcer les partenariats avec les scolaires. Les enseignants seront ravis de savoir que leurs élèves peuvent emprunter en même temps le livre nécessaire pour la fiche de lecture.
  • Les centres de documentations des collèges et des lycées seraient certainement intéressés par ce dispositif. (On peut même imaginer que les profs de techno montent des piratebox avec les élèves).

Si vous avez mis en place une piratebox (pas nécessairement en bibliothèque), n’hésitez pas à partager votre expérience !

16 commentaires à propos de “Piratebox : bilan d’étape

  1. Pingback: Bibliothèques hybrides | Pearltrees

  2. > La PirateBox est un dispositif qui permet de télécharger des contenus appartenant au domaine public ou libres de droit.

    Dommage que vous l’ayez appelée « piratebox » puisqu’il ne s’agit en aucun cas de [so-called] « piratage »… il faudrait peut-être l’appeler « boite libre » — Euh, c’est déjà pris (Freebox !) ; ou encore « boite publique » ??

    • Bonjour,
      Vous avez raison ce n’est pas du tout du piratage. Le terme n’est peut-être pas le plus approprié. Certains ont préféré l’appeler « Bibliobox » ou « LibraryBox ». Mais nous avons délibérément maintenu cette appellation pour conserver le côté « offensif ». Si on regarde le contexte (#AccordsBnf) on se demande si on ne va pas être contraint de hacker le domaine public. Dans ce cas, le nom Piratebox prendra tout son sens.

    • Le nom de PirateBox a été choisi par David Darts (son créateur) pour 2 raisons:
      - la première parce que la PirateBox est un hacking du routeur qui est détourné de son usage premier.
      - la deuxième raison est que le nom de « Pirate » fait référence aux radios pirates amateurs, à courte ou moyenne portée, très à la mode il y a 50/60 ans qui permettaient à chacun d’émettre sa propre radio.

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  5. Bonjour,
    De façon pratique, à quoi ressemble l’interface ? Les usagers peuvent-ils déposer ce qu’ils veulent ? Le dispositif est-il portable ou fixe ? Quel est la distance d’accès (est-ce que toute la bib est couverte) ? Qu’est-ce que ça demande en terme de compétences techniques ? À quelle fréquence réactualisez-vous les contenus (si réactualisation il y a) ? (j’aurais peut-être d’autres questions en réserve mais pour ce soir je vois rien d’autre).

    • Bonjour,

      L’interface standard est assez simple. Il s’agit d’une page html avec le logo Piratebox. Voici un aperçu > http://2.bp.blogspot.com/-YVEyvt-SbfQ/UH0eLWF-EFI/AAAAAAAAEY8/JbqyUslBelI/s320/navigateur_piratebox.jpg (il est possible de la customiser). A partir de cette page, on accède aux contenus de la PB. La page offre aussi la possibilité de déposer des contenus. Je n’ai pas encore vu de moyen pour limiter cette fonctionnalité. En effet, la PB repose sur le principe du partage.
      Le dispositif est mobile. C’est un petit boîtier que vous pouvez emporter facilement. Il doit être branché sur secteur ou alimenté par une batterie portable. La portée du signal est relativement forte. Notre bib est sur 2 étages. Toute la bib n’est pas couverte (les murs peuvent être épais) mais une grande partie.
      Pour ce qui est des compétences, il y a suffisamment de tutos sur le web qui expliquent la manoeuvre pour pouvoir s’en sortir. Je ne suis pas informaticien (biblioticien peut-être ^^) et j’y suis parvenu.
      La réactualisation se fait peu à peu. Il faut prendre le temps de trouver des contenus et les charger quand on en a suffisamment. (Il suffit juste de les copier sur la clé USB, dans le dossier « shared » et la sous-dossier correspondant: ex « ebooks ».
      J’espère avoir répondu correctement à toutes ces questions. Ne pas hésitez à demander s’il y en d’autres.

      • Pour information, la page d’accueil de la PirateBox est maintenant entièrement et plus facilement customisable que dans les versions précédentes, mais surtout elle est maintenant en responsive design.

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