Le code en bibliothèque

edit : Je suis tombé sur ce billet A Passion for Coding qui pose aussi la question du code en bibliothèque. Ce billet ne s’intéresse pas au code en tant qu’ateliers d’initiation à mener auprès des utilisateurs de la bibliothèque mais plutôt comment les bibliothécaires peuvent s’emparer du code pour développer des services et répondre à des besoins identifiés des utilisateurs. 

<Disclaimer> Je ne suis pas informaticien, je n’ai pas les codes et je ne maîtrise pas le code. Je m’excuse par avance des erreurs éventuelles de jargon</Disclaimer>

L’actualité numérique porte de plus en plus sur la question de la programmation et de sa place dans la société. Certains pays comme les Etats-Unis semblent favorables à l’enseignement du code et mettent place des dispositif incitant les jeunes à s’initier à la programmation. En France, le débat porte actuellement sur l’intérêt ou non d’introduire le code dans les programmes scolaires. Deux points de vue s’opposent. Oui, il faut enseigner le code à l’école. Non, l’école n’est pas en mesure d’enseigner le code. Quoiqu’il en soit cette question du « tous codeurs » est devenue une vraie question de société dans la mesure où le numérique, de manière générale, est un puissant facteur d’inclusion. Mais le numérique est aussi devenu un enjeu économique et politique important pour notre société. Il suffit de regarder comment les pouvoirs publics et leurs agences de surveillance aimeraient surveiller la totalité des échanges d’informations sur Internet.  C’est aussi un débat de société à l’heure de l’impérialisme des géants du Web à qui nous confions consciemment ou non nos données personnelles et qui transforme Internet en silos. Dans ce contexte, sommes-nous en mesure de développer une société du « toutes et tous codeurs » ? Cela aurait-il un sens ? Cela réglerait-il les problèmes évoqués plus haut ? Quoiqu’il en soit, la question du code émerge de plus en plus. On voit des initiatives se développer dont l’objectif est de favoriser l’apprentissage du code. En fouillant un peu, on se rend compte qu’il existe sur le Web une multitude de ressources permettant de se familiariser avec la programmation.

Si l’école se pose la question de l’enseignement du code, si le monde associatif est une voie d’accès vers l’apprentissage du code, pourquoi les bibliothèques ne pourraient-elles pas participer à ce mouvement d’apprentissage de la programmation ?

La bibliothèque, porte d’accès vers tous les savoirs

Au regard de leurs missions et des documents qu’elles mettent à disposition des usagers, les bibliothèques sont tout à fait légitimes pour se positionner sur le terrain de l’apprentissage du code informatique. La façon la plus évidente passe par les collections sur l’informatique que l’ensemble des bibliothèques possèdent et proposent. Les usagers des bibliothèques trouveront assez facilement des livres sur le code et pourront s’appuyer dessus pour s’initier ou se perfectionner. Si ce service permet de répondre à des besoins informationnels, il présente tout de même un inconvénient. En effet, dans ce cas les bibliothèques participent de façon passive à la problématique du « Toutes et tous codeurs ».  Si les bibliothèques peuvent s’appuyer sur leurs collections physiques pour tenter de participer à la démocratisation de l’apprentissage du code, elles peuvent aussi s’appuyer sur les ressources électroniques auxquelles elles sont abonnées. A travers leur catalogue, Toutapprendre.com ou encore Vodeclic offrent la possibilité de se familiariser avec la programmation. Bien évidemment, cela non plus ne fait pas des bibliothèques des acteurs majeurs du développement du code dans la société. Néanmoins, cela représente le service minimum grâce auquel les bibliothèques peuvent se positionner.

Les bibliothèques agissent pour le développement libre de l’information, pour l’égalité d’accès, pour l’émancipation des individus à travers les ressources qu’elles leur mettent à disposition. L’article 3 de la Charte des bibliothèques stipule « La bibliothèque est un service public nécessaire à la démocratie. Elle doit assurer l’égalité d’accès à la lecture et aux sources documentaires pour permettre l’indépendance intellectuelle de chaque individu et de contribuer au progrès de la société ».
En ce qui concerne l’évolution numérique de la société, je pense que les bibliothèques ont un rôle à jouer. Les atteintes régulières de la neutralité du Net ont d’ailleurs incité les bibliothèques américaines à se positionner clairement et à les dénoncer.  Elles l’ont fait parce qu’Internet est un bien commun qui favorise la liberté d’expression ainsi que la circulation de l’information. Internet n’est pas l’affaire de spécialistes ou d’une élite mais au contraire une affaire qui concerne l’ensemble des citoyens. Quel lieu, sinon les bibliothèques, s’adresse-t-il à l’ensemble des individus ? Les bibliothèques participent à la réduction de la fracture numérique. Elles participent également à la lutte contre l’illettrisme. Pourquoi ne pourraient-elles pas s’engager dans la lutte contre l’analphabétisme du code informatique ?

Le code en bib, les bib tous codeurs ?

La prise en compte de la question du code par les bibliothèques implique-t-elle de transformer les bibliothécaires en codeurs chevronnés ? Bien évidemment que non. D’une part cela n’a aucun sens et d’autre part cela n’est pas possible. En revanche plusieurs moyens s’offrent aux bibliothèques pour disséminer l’apprentissage du code dans la société.
Les bibliothèques peuvent organiser des ateliers en partenariat avec d’autres acteurs. Le monde associatif regorge de personnes compétentes avec lesquelles nous pouvons construire des projets.

Quelques sites ludiques d’initiation au code :

Il faut être conscient de ses limites et ne pas hésiter à solliciter une aide extérieure pour organiser ces ateliers. Les quelques exemples évoqués ci-dessus offrent la possibilité aux bibliothèques d’être des acteurs la culture numérique. En organisant régulièrement et massivement ce genre d’événements, elles démystifient le numérique auprès des usagers notamment les enfants. Elles leur donnent ainsi des clés pour tenter de comprendre comment fonctionnent les outils qu’ils utilisent aux quotidiens. Cela permet aussi de les sensibiliser à la citoyenneté numérique qui est remise en cause à travers la surveillance généralisée des moyens de télécommunications. C’est peut-être aussi l’occasion de former des datalove soldiers ? Grâce à ces ateliers, les bibliothécaires sont en capacité de devenir des acteurs dans la formation aux cultures numériques citoyennes.

9 commentaires à propos de “Le code en bibliothèque

  1. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numeric...

  2. Bonjour,

    Merci pour cet article sur la légitimité du code en bibliothèque !

    Je me permets de signaler le portail de la fondation Mozilla : Webmaker dont l’outil en ligne Thimble permet de s’initier au HTML à travers des modèles créatifs. A la BM de Lyon nous l’avons utilisé plusieurs fois sur des ateliers numériques avec des usagers en se basant sur la création de roman photos. L’apprentissage ou plutôt l’initiation au codage sont motivés par l’aspect créatif et ça fait toute la différence. On vient pour créer et on découvre le HTML tout comme les licences libres. La plupart des participants, de tout âge n’auraient pas forcément le pas franchi le pas de l’HTML et ont apprécié de découvrir et de sentir un HTML accessible.

    Nous avons fait deux petits reportages sur notre premier atelier (http://www.vive-laculturenumerique.org/index.php/2014/01/18/183-apprendre-le-html-en-creant-avec-webmaker) et un plus récent suite à une balade photo organisée par des bibliothécaires (http://www.vive-laculturenumerique.org/index.php/2014/07/07/193-une-balade-dans-le-quartier-de-la-part-dieu-en-html).

    • Bonjour Carole,

      Merci beaucoup pour ce petit retour sur ce qui se fait à la BM de Lyon. En effet, les outils de Mozilla sont très pratiques et donnent la possibilité de mettre en place des ateliers. J’aurais pu les citer dans le corps du billet. Merci également pour les liens.

  3. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numeric...

  4. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numericus | la bibliothèque, et veiller

  5. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numeric...

  6. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numeric...

  7. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numeric...

  8. Rétroliens : Le code en bibliothèque | Biblio Numeric...

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