Organiser un makerspace autrement que par une approche matérielle

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Cet article du School Library Journal écrit par Laura Flemming soulève un point particulièrement intéressant lié à la mise en place d’un makerspace dans un établissement scolaire. Mais il me semble que la réflexion de l’auteure peut s’appliquer de manière générale aux bibliothèques. Elle pointe le risque d’organiser le lieu à travers une approche uniquement « matérialiste ». En effet,elle explique que cette stratégie va certainement créer un buzz et attirer du monde dans les premiers temps de l’ouverture de l’espace mais cet engouement s’effritera peu à peu. Cette approche construite uniquement du point de vue des ressources matérielles est à éviter dans la mesure où chaque makerspace est différent. Chacun d’entre eux s’inscrit sur un territoire qui a ses propres caractéristiques, des publics avec des besoins particuliers. Par conséquent ce qui fonctionne dans un makerspace peut et risque de ne pas être aussi sollicité dans un autre espace de fabrication numérique.

No two maker spaces are alike or should be alike

L’auteure recommande de développer des thématiques appropriées qui correspondent
aux besoins et aux intérêts des membres de votre communauté. (Tiens donc, de là à parler
de politique documentaire il n’y a qu’un pas.) Elle continue en défendant l’idée
que les makerspaces ne doivent pas privilégier uniquement les disciplines regroupées sous l’appellation STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) et poursuit en expliquant qu’une bonne planification en amont permet de (dé)couvrir des thèmes pertinents pour le public desservi par votre makerspace. La première étape consiste à identifier et comprendre les besoins de vos usagers (cf. schéma en fin d’article) notamment en discutant avec eux ou en réalisant des enquêtes auprès de ces derniers afin de savoir ce qu’ils aiment faire en dehors de votre établissement. La seconde étape nécessite d’évaluer ce que la structure propose déjà afin d’identifier ce qui peut manquer en terme de services et auquel cas l’intégrer aux services existants.

Dans la recherche de thématiques, l’auteure souligne l’importance de prendre en compte les tendances et les pratiques culturelles numériques qui sont développées en dehors de la collectivité afin de s’intégrer à un écosystème d’usages numériques. En adoptant cette posture, il sera plus facile de discerner de nouvelles thématiques à intégrer dans son offre de service.

Laura Flemming poursuit en expliquant que cette stratégie présente un véritable avantage pour l’acquisition et la gestion du matériel et des différentes ressources mis à disposition dans le makerspace. Si l’approche repose uniquement sur les outils, les commandes peuvent être plus compliquées puisqu’elles ne reposeront pas sur des critères pertinents mais plutôt sur des critères subjectifs conditionnés par un puissant marketing. On risque d’acheter ce que d’autres ont acheté ou de projeter ses envies qui ne correspondent pas à la réalité du terrain.

Et de conclure qu’il est nécessaire d’évaluer régulièrement la pertinence de son programme et le processus qui a conduit à l’élaboration de ce dernier. Ainsi, cette organisation permet d’abandonner des thématiques qui ne font plus sens mais aussi d’en trouver des nouvelles afin de rester toujours attractifs auprès de vos usagers.

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