Sanspapier, libraire numérique et moteur de recommandation

logo_spLes projets autour du livre numérique vont bon train. Il n’y a pas une semaine (à peine exagéré) où l’on ne nous parle pas de Dilicom et de son Prêt Numérique en Bibliothèque, de MO3T ou tout autre plateforme d’accès au livre numérique.

Mais il y a des projets qui méritent qu’on s’y intéresse de plus prêt (blague bibliothéconomique). C’est le cas notamment de la librairie numérique Sanspapier. La force et l’intérêt de cette librairie résident dans son moteur de recommandation. Contrairement aux recommandations façon Amazon qui reposent sur des actes d’achats des internautes,

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le moteur de Sanspapier est un moteur de conseils qui repose directement sur le contenu des livres. Allez voir et testez par vous-même!

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La recommandation en bibliothèque

Ce moteur de recommandation présente plusieurs avantages pour les bibliothèques et peut se greffer aux autres outils de recommandation dont disposent déjà les bibliothécaires: leur connaissance de leurs collections ou les découvertes qu’ils peuvent faire dans l’océan du web.
Les nouvelles générations de portail de bibliothèques proposent aux internautes de rebondir d’une notice à l’autre grâce au système de recherche à facettes. (Exemple : Du même auteur). Ce dispositif de recherche est un bon moyen pour permettre à la sérendipité de se réaliser et ainsi proposer aux internautes des documents qu’ils n’auraient pas recherché en premier lieu. Néanmoins, ce modèle de recommandation n’est pas particulièrement visible pour l’internaute. Il fait partie d’un processus, plus ou moins conscient, de construction de la requête par l’utilisateur.
Il existe également d’autres espaces de promotion et de recommandation à travers les enrichissements de notices comme les commentaires des lecteurs (Babelthèque, Libfly…) ou les blogs de critiques réalisées par les bibliothécaires et/ou les lecteurs.
Mails il me semble intéressant d’adjoindre à ses formes de prescription un moteur de recommandation axé sur les contenus mis en perspective par rapport à d’autres.

Enfin, Sanspapier s’intéresse aussi à la problématique de l’Open Data et cherche à alimenter son moteur à partir des données libérées et en l’occurrence celles des bibliothèques. (A signaler, au passage, un autre projet intéressant en matière d’Open Data en bibliothèque à Rennes).
Cela pourrait être particulièrement intéressant pour les bibliothèques. En effet, on pourrait imaginer un projet de recommandation à partir des données liées aux statistiques de prêt/retour des documents. Pour ceux qui sortent peu, le moteur de recommandation pourrait les mettre en avant, que ce soient des œuvres sous droit ou du domaine public. Par exemple, si une personne recherche un Twilight, le moteur proposerait des titres sur la thématiques des vampires (ou loups-garous) qui ne quitteraient pas souvent les étagères de la bibliothèque. Ainsi, la bibliothèque disposerait d’un outil de valorisation des œuvres moins connues et moins empruntées.
Évidemment, cela implique que les établissements jouent le jeu de l’Open Data. Même si une directive européenne va dans ce sens, rien n’est acquis !

10 commentaires à propos de “Sanspapier, libraire numérique et moteur de recommandation”

  1. Intéressant !
    Et je ne savais pas que l’OpenData existait en bibliothèque.
    Non pas à cause des bibliothèques en elles-mêmes mais parce qu’il faut un logiciel adapté non ?
    Utilisateur d’Orphée, j’ai du mal à voir comment c’est possible… (des mots-clefs basés sur du rameau ?)…

    • Ah ça j’y suis pour rien ^^. Je sais qu’ils bossent d’arrache-pied pour améliorer leur moteur. Ils sont trois dont deux techos avec chacun une spécificité technique. Ils sont jeunes (1 an, je crois), faut laisser mûrir leur projet.
      A propos de l’Open Data, ça commence à se développer autour des bibliothèques mais ce n’est pas la panacée. Il est évident que les prestataires doivent faire évoluer leurs solutions dans ce sens. Mais il y a aussi une bataille à mener sur le terrain juridique pour libérer nos données.

  2. Bonjour

    Petite correction : « Mails il me semble intéressant d’adjoindre à ses formes de prescription un moteur de recommandation axé sur les contenus mis en perspective par rapport à d’autres ». Babelio/Babelthèque a lancé depuis plusieurs années déjà son moteur de recommandation fondé sur les données de lectures ET sur les métadonnées relatives au livre. Plusieurs millions de métadonnées et des algorithmes dédiés permettent d’offir de la recommandation fine de lecture. C’est notamment décrit ici :http://fr.slideshare.net/samy20002000fr/babelthque-enrichissez-les-contenus-des-catalogues-de-bibliothques-en-contenu-web-20-1157031/9

    Bien à vous

    • Bonjour,

      Je vous remercie pour cette précision. Je ne savais pas que Babelio avait développé un algo qui reposait sur le contenu des livres. Et par hasard, est-ce que vous vous appuyez sur l’Open Data ?

      Thomas

  3. Rétroliens : Sanspapier, libraire numérique et moteur...

  4. Rétroliens : Sanspapier, libraire numérique et moteur...

  5. Bonjour, J’étais à la formation d’hier que vous avez donné au CNFPT. Je l’ai vraiment trouvée excellente ! Avez vous écrit un billet sur l’open data pour les nuls ? J’avoue n’avoir pas très bien compris. Bravo pour votre site !!

    • Merci pour vos remarques. Je n’ai malheureusement pas écrit de billet sur l open data. Ça pourrait être l’occasion. Vous pouvez retrouver sur le site du MCC un guide de l’Open Data culturel. Ce document explique plutôt bien les principes de la démarche de l’ouverture des donnés publiques. Puis pour voir à quoi cela ressemble concrètement, explorez les portails open data comme ceux de data.gouv.fr opendata.paris.fr . Enfin l’article Wikipédia sur l’Open Data peut également vous éclairer.

      • Merci beaucoup ! Je vais faire ça de ce pas. Nous sommes un peu groupe à bien sentir une question sur ce thème au prochain concours (après le flux RSS et les métadonnées…). De plus, comme nous connaissons mal l’open data, nous avons appris son existence grace à vous 🙂
        P.S : j’adooooore l’idée de la « Pirate Box » !!! C’est merveilleux ce petit engin 🙂

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