28/1 journée de la protection des données personnelles : Conseils aux bibliothécaires

Reprenez votre Internet - LQDN
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Si vous avez l’habitude de lire mon blog, vous savez que j’accorde une grande importance à la question de la vie privée et de la protection des données personnelles en ligne. Je pense que les bibliothèques ont un rôle important à jouer dans ce domaine et plus particulièrement dans un contexte de renforcement de lois liberticides votées ces dernières années. Je vous invite d’ailleurs à lire le récent communiqué de l’Association des bibliothécaires de France sur la capacité des bibliothèques à être des lieux où on peut s’informer librement.

Pourquoi protéger les données personnelles ?

On entend parfois des phrases aussi profondes que la réflexion d’un légumineux qui défendent l’idée que si on n’a rien à cacher, il n’y a pas de problème à ce que les GAFAM et les agences de renseignements gouvernementales observent nos moindres faits et gestes. A ce raisonnement fallacieux, Edward Snowden avait répondu :

« Lorsque vous dites ‘le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n’ai rien à cacher’, cela ne fait aucune différence avec le fait de dire ‘Je me moque du droit à la liberté d’expression parce que je n’ai rien à dire’, ou ‘de la liberté de la presse parce que je n’ai rien à écrire. »

Effectivement, pourquoi utiliser des enveloppes quand vous envoyez du courrier ou pourquoi mettez-vous des rideaux aux fenêtres si vous n’avez rien à cacher ? Tout simplement parce que vous désirez un minimum d’intimité et de respect de votre vie privée. Ces principes qui paraissent évidents dans notre quotidien doivent pouvoir se traduire dans notre vie numérique. Vouloir se soustraire de la surveillance d’un Etat, d’une agence de renseignement ou d’une entreprise ne signifie pas que vous êtes un terroriste en puissance ou un criminel qui s’apprête à commettre un méfait. Ne pas être exposé aux oreilles et aux yeux trop curieux est surtout et avant-tout la garantie d’une société libre et démocratique. Une étude montrait récemment que la surveillance de masse conduit à une forme d’autocensure et que les opinions minoritaires ou à contre-courant s’expriment moins facilement. Le résultat de ce processus aboutit à un contrôle sociale des individus construit sur le modèle du panoptique développé par Michel Foucault. Ce processus met en péril les sociétés démocratiques et représentent de fait une menace pour nos libertés fondamentales (et numériques). Si ces questions là vous intéressent, je vous invite à lire Surveillance:// de Tristant Nitot qui explique comment la surveillance de masse s’est développée et notamment comment le modèle économique des GAFAM a permis sa mise en place.

Comment faire ?

La première chose est de prendre conscience de l’importance de cette question en tant que professionnel de l’information et en tant que facilitateur d’accès aux savoirs et à la connaissance. Il faut pouvoir garantir une confiance pour les usagers. Ils doivent pouvoir venir emprunter des documents ou effectuer librement des recherches sur les ordinateurs des bibliothèques en sachant que la confidentialité de leurs recherches sera respectée.  Sans cette compréhension des enjeux, rien ne pourra être fait plus concrètement.

Des bibliothécaires s’organisent déjà pour promouvoir le respect de la vie privée des utilisateurs des bibliothèques. Il existe d’ailleurs une liste de discussion que je vous invite à rejoindre pour partager votre expérience, poser des questions et vous sentir moins seul si cette questions vous préoccupe. Vous pouvez la rejoindre en cliquant ici. Nous sommes de plus en plus nombreux à nous y intéresser et à agir dans ce sens. Une carte recensant les ateliers autour de la vie privée en bibliothèque existe. (N’hésitez pas à vous signaler afin que je la mette à jour) :

Voir en plein écran

Puis même si vous ne vous sentez pas en capacité d’animer des ateliers autour de la protection de la vie privée en ligne, vous pouvez quand même faire des petites choses simples qui sont une première étape. Abandonnez les navigateurs et les moteurs de recherche qui ne sont pas respectueux de la vie privée. Installez par défaut Mozi//a Firefox et un moteur de recherche alternatif. Qwant, DuckDuckGo ou le dernier venu Peekier. Certes ces moteurs de recherche sont peut-être moins efficaces mais ils ont l’immense mérite de ne pas nous pister. Vouloir protéger ses données personnelles impliquent une modification en profondeur de ses habitudes de navigation sur le Web. Ajoutez également des plugins qui vont limiter un minimum l’exploitation des données personnelles. L’Electronic Frontier Foundation ou le Library Freedom Project conseillent notamment de télécharger les modules complémentaires pour Firefox : Privacy Badger et Https everywhere. Rajoutez également un uBlock origin. Bien évidemment configurez le navigateur de telle sorte qu’il ne sauvegarde pas l’historique, les saisies tapées et les cookies.

Vous ne vous sentez pas compétent ou c’est compliqué d’animer des ateliers techniques, ce n’est pas grave. Vous avez des structures, des indidivus qui peuvent intervenir pour causer de ces questions avec le public. La question de la protection des données personnelles semble intéresser de plus en plus les individus. Le moteur de recherche DuckDuckGo vient de franchir les 10 milliards de requêtes. Libre à vous d’organiser des cafés vies privée, ou de faire intervenir des spécialistes comme Genma qui intervient régulièrement dans les médiathèques pour parler d’hygiène numérique.

Concernant les outils, j’avais rédigé une transcription de la boîte à outils réalisée par le LFP. Ce kit est bien évidemment toujours d’actualité et peut faire l’objet d’ateliers pour montrer aux usagers que ces outils existent et pour les initier.

Quelques ressources pour alimenter la réflexion :

Vidéos

Serious Game / applis

Ressources

Désormais, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas mais plutôt que vous ne vouliez pas.

7 commentaires à propos de “28/1 journée de la protection des données personnelles : Conseils aux bibliothécaires”

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