Les bibliothécaires américains s’opposent à la reconnaissance faciale

Camera spy pigeon source Pixabay CC0

L’Association américaine des bibliothèques a adopté une résolution fin janvier contre l’utilisation de logiciel de reconnaissance faciale dans la continuité de la « Library Bill of rights » et d’autres textes portés par l’ALA qui promeuvent le respect de la vie privée des usagers des bibliothèques.

Les bibliothécaires américains soulignent que le droit et le respect de la vie privée sont indispensables pour garantir la liberté intellectuelle. Les bibliothèques doivent défendre ces valeurs et sensibiliser les publics à la protection de la vie privée mais surtout protéger les données personnelles des usagers. L’ALA rappelle que les usagers doivent pouvoir utiliser les services de la bibliothèque sans craindre une intrusion dans leur vie privée. Le risque que pourrait introduire ce genre de technologies serait de rompre la confiance des usagers et les dissuader de venir utiliser les services de la bibliothèque.

S’appuyant sur des études démontrant les dérives dont est capable la reconnaissance faciale et la menace qu’elle fait planer en sacrifiant la notion même de consentement libre et éclairé, l’ALA estime que cette technologie de contrôle crée des conditions propices à une surveillance non autorisée des usagers.

L’absence de cadre juridique au niveau fédéral, l’utilisation répandue par les autorités et le manque de transparence des logiciels protégés par des droits de propriété intellectuels justifient également le rejet de la reconnaissance faciale par les bibliothécaires américains. Quelle confiance peut-on accorder à une boîte noire qui ne permet pas de savoir comment elle fonctionne ?

Par ailleurs, cette technologie fait l’objet de biais cognitifs qui traduisent les représentations et les préjugés des développeurs derrière les algorithmes utilisés dans les logiciels de reconnaissance faciale. Cela produit des discriminations notamment à l’égard des minorités qui sont plus victimes d’erreurs d’identification. Au nom de l’antiracisme, de l’équité, de la diversité et de l’inclusion, l’ALA rejette la reconnaissance faciale.

Parce que la reconnaissance faciale porte atteinte à la vie privée des usagers mais aussi à celles des bibliothécaires qui devraient se soumettre à l’utilisation de leurs données biométriques, l’ALA s’oppose à cette technologie sécuritaire. Elle invite les professionnels mais aussi leurs partenaires à défendre cette position et sensibiliser les usagers, les élus ou encore le législateur sur les risques que fait planer la reconnaissance faciale sur la vie privée et les discriminations qu’elle produit. En l’absence d’étude qui démontrerait l’efficacité de ce dispositif panoptique, elle invite à cesser d’utiliser les logiciels de reconnaissance faciale et réclame un moratoire sur l’utilisation de logiciel de reconnaissance faciale dans les bibliothèques.

Source : ALA

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