LibraryVPN, un vpn pour les bibliothèques et leurs usagers

Dernier article de l’année 2021 consacré à un service que j’ai découvert récemment et qui fait écho à un sujet particulièrement important à mes yeux : la confidentialité et la protection de la vie privée des usagers en bibliothèques. Il s’agit de LibraryVPN, un fournisseur de VPN pour les bibliothèques.

UN VPN pourquoi faire ?

Pour rappel, un VPN n’est pas infaillible et ne rend pas anonyme, il chiffre les données qui transitent entre votre appareil et les services en ligne que vous visitez. Dès lors, votre FAI n’a pas accès aux sites que vous visitez. Cependant, en utilisant un VPN vous décidez de confier votre navigation à la boîte qui édite le VPN que vous utilisez. Cela pose donc la question de la confiance que vous accordez à un intermédiaire. A ce propos, je vous invite à lire cet article sur l’utilité d’un VPN, contre quoi il protège et sa capacité à faire revenir l’être aimé.

Comme l’explique la page « à propos » du service, LibraryVPN est un VPN libre et open source dont le but est de permettre aux bibliothèques d’héberger un VPN pour les usagers de l’établissement. L’objectif est clairement de garantir la confidentialité des données des usagers, protéger leur droit à la vie privée et en particulier pour les publics qui ne peuvent pas s’offrir ce genre de service.

Comment ça marche ?

Les usagers de la bibliothèque téléchargent le client sur leur appareil (Windows, Mac ou Linux) et se connectent avec leur numéro de carte de bibliothèque pour faire passer leur connexion à travers le réseau privé virtuel. Ils peuvent utiliser le VPN dès qu’ils sont connectés à un wifi public ou pour se protéger des regards indiscrets de leur FAI.

Quelle confiance peut-on accorder à ce service ?

La question de la confiance dans les outils conçus pour protéger la vie privée est cruciale. La protection des données personnelles est devenu un argument commercial lucratif. En ce qui concerne LibraryVPN, on peut accorder sa confiance à l’équipe qui est en charge derrière. D’une part, le logiciel est libre et open source. Cela signifie qu’il peut être ausculté pour voir comment il fonctionne et s’il ne contient pas de porte dérobée ou un bout de code malveillant. Plus particulièrement, le service repose sur le protocole OpenVPN réputé pour sa robustesse (!= infaillible). D’autre part, le projet est actuellement conduit par l’équipe de LEAP ainsi que celles qui gèrent les systèmes d’informations des bibliothèques de Lebanon et de Wetchester. Pour rappel, la bibliothèque de Lebanon avait tué le game en hébergeant un noeud de sortie Tor. Enfin, LibraryVPN s’appuie sur la technologie utilisée par des activistes et des organisations comme Riseup qui propose des outils pour respecter la vie privée et la confidentialité des échanges de leurs utilisateurs. Autrement dit, on peut accorder une certaine confiance à ce service.

Est-ce le rôle d’une bibliothèque ?

La FAQ de LibraryVPN explique de façon limpide pourquoi les bibliothèques sont légitimes à proposer ce service.

LibraryVPN réunit deux idées qui principes qui sont largement partagés aujourd’hui dans les bibliothèques : les bibliothèques doivent s’efforcer de protéger la vie privée de leurs usagers et elles hébergent des services en ligne.

Les bibliothèques s’efforcent depuis des années à protéger la vie privée des usagers. Les bibliothèques parlent parfois de la « la liberté de lire » mais ce principe va au-delà des livres physiques. Nous tenons à ce que les gens puissent exercer leur liberté intellectuelle quand ils accèdent à de l’information, peu importe la forme qu’elle prend. Nous savons que la surveillance peut entraver la liberté intellectuelle, c’est pourquoi nous travaillons à protéger la vie privée de nos clients. Cela fait partie des valeurs de l’American Library Association

https://libraryvpn.org/faq/

LibraryVPN est une belle initiative qui mérite d’être saluée et partagée. Je ne sais pas si elle atteindra ses objectifs et parviendra à s’étendre largement aux bibliothèques américaines. Néanmoins, c’est une pierre de plus à l’édifice que les bibliothécaires américaines construisent pour être un rempart à la surveillance.

Belles fêtes de fin d’année à toutes et tous. Portez-vous bien et prenons soin les uns des autres.

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