Réussir à mettre en valeur le domaine public en bibliothèque grâce à la #BiblioBox

Deux événements organisés pendant le mois de juillet me donnent l’occasion d’écrire ce billet : le #PirateBoxCamp et le #PublicDomainMonth. J’ai écrit à plusieurs reprises sur la bibliobox sur ce blog mais aussi sur l’espace dédié BiblioBox.net. Je suis convaincu de l’intérêt de ce type de dispositif de médiation numérique en bibliothèque. Mais ça, vous vous en doutez !

« Quel intérêt de proposer ce que les usagers peuvent trouver avec Internet ? »

La mise en place d’une BiblioBox ne se suffit pas à elle-même. Elle nécessite un important travail de médiation pour que les utilisateurs de la bibliothèque s’approprient les ressources mises à leur disposition. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’intervenir pour présenter la BiblioBox et son utilisation en bibliothèque. On m’a souvent souligné les limites de ce dispositif notamment en ce qui concerne les contenus. Les usagers de la bibliothèque peuvent trouver sur Internet les contenus qu’on leur propose. Se pose donc la question de l’intérêt de la BiblioBox en bibliothèque. J’entends cette remarque à laquelle on peut répondre en trois temps. D’une part, ce raisonnement s’applique également pour les biens physiques. Nous proposons des documents que les usagers peuvent par ailleurs acquérir en allant en librairie ou n’importe quelle enseigne culturelle. L’objectif de la BiblioBox n’est pas de proposer des contenus exclusifs mais de mettre en valeur ceux qui existent ! D’autre part, il n’est pas acquis que nos usagers aient connaissance de l’existence de ces ressources. Ou alors si les usagers les connaissent, rien ne dit qu’ils savent où les trouver. On joue notre rôle de facilitateur d’accès. Enfin, il s’agit d’un moyen pour les bibliothécaires de se positionner en tant qu’acteur engagé sur la question des biens communs de la connaissance.

La réussite (ou l’échec) de ce projet repose sur plusieurs facteurs sur lesquels nous n’avons pas toujours de prise. Par exemple, si vous mettez en place une BiblioBox sur un territoire où les individus sont peu équipés en appareils électroniques (smartphone, tablette voire ordinateur portable) cela constitue un frein à la réussite. En revanche, par expérience, je sais que la façon dont les ressources sont proposées influe sur la capacité et l’envie des usagers de se les approprier. En effet, il est déconseillé de s’appuyer uniquement sur la quantité et de proposer le plus de ressources possibles. La quantité porte atteinte à la lisibilité et la pertinence des œuvres choisies. Si vous proposez le pack Bibebook de 1400 titres, vous risquez de faire fuir vos usagers. La sélection est la clé de la réussite. D’autant plus que l’interface de la BiblioBox n’est pas encore idéale même si des améliorations sont en cours. Quelle est la valeur ajoutée du bibliothécaire à proposer un pack sans aucune contextualisation ? Cela dit, c’est un moyen de laisser la sérendipité faire son travail.

Contextualiser et thématiser

L’enjeu est de parvenir à contextualiser et thématiser les contenus que nous proposons au moyen de la BiblioBox. Pour cela plusieurs possibilités s’offrent à nous. Il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur l’actualité culturelle locale, nationale voire internationale. Le Ministère de la Culture et de la Communication produit chaque année un document qui compile chaque événement culturel majeur (Journées Européennes du Patrimoine, Centenaire de la Première Guerre mondiale, Festival de musique…). Il faut profiter de ces occasions qui concentrent l’attention des individus sur une thématique bien particulière. En dehors du Printemps des Poètes, les usagers ne se seraient peut-être pas tournés vers de la poésie mais cet événement culturel peut être l’occasion de leur donner envie d’essayer. Dès lors, on s’appuie sur cette attention pour leur proposer des contenus spécifiques. Ainsi, ce sont les compétences de médiation du bibliothécaire et sa capacité à mettre en relation un contenu et une personne qui sont mises en avant.

Au-delà de l’économie de l’attention, il existe d’autres méthodes pour contextualiser les ressources de la BiblioBox. L’une d’entre-elles a été mise en œuvre par Feedbooks. L’équipe de Feedbooks a mis en valeur les livres de Zola à travers une carte de Paris recensant les quartiers de Paris évoqués à travers ses œuvres.

Afficher Le Paris de Zola sur une carte plus grande

Puis, elle a également réalisé, grâce à l’outil TimeMapper développé par l’Open Knowledge Foundation, une frise chronologique des événements les plus importants de la série des Rougon-Macquart :

Je trouve ces deux outils plutôt intéressants et séduisants. Grâce à cette mise en valeur, les usagers auront certainement plus envie de se tourner vers les Rougon-Macquart ou n’importe quelle autre œuvre. C’est en tout cas le pari que je fais. On pourrait les utiliser et les intégrer à une BiblioBox (ou sur son portail de bibliothèque) dans le cadre d’une sélection thématisée. Toutefois, il y a pour l’instant un petit bémol. Il faut réussir à intégrer une carte avec les marqueurs de façon déconnectée. Mais on peut faire confiance à la communauté qui s’est construite autour de la PirateBox/BiblioBox pour réussir à dépasser cette limite 😉

5 commentaires à propos de “Réussir à mettre en valeur le domaine public en bibliothèque grâce à la #BiblioBox”

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