Positionner la bibliothèque au coeur de la « smart city »

Les bibliothèques et la smary city
Les bibliothèques et la smart city

Dans un rapport publié récemment, la Chambre de commerce régionale de Toronto a suggéré que la Toronto Public Library soit chargée de gérer les données produites dans le cadre du projet de ville intelligente piloté par Sidewalk Lab’s, filiale d’Alphabet la maison-mère de Google. (Pour en savoir plus sur ce projet, lire l’article d’Usbek et Rika) En effet, le groupe de pilotage semble préoccupé par la question de la gestion des données des citoyens de Toronto qui seront captées et exploitées pour faire évoluer la ville en fonction de ses usages. Ce projet de « smart city » suscite naturellement des craintes concernant la protection des données personnelles des citoyens, la surveillance et les atteintes à la vie privée mais aussi la gouvernance des données. Qui détiendra la propriété de ce big data ?

Le Vice-Président de la Chambre de commerce Brian Kelcey a déclaré que cette proposition n’était pas nécessairement celle qui serait retenue mais avait plutôt pour objectif de faire avancer la situation en proposant une idée originale et créative. Même si ce n’est qu’une simple proposition, la Chambre de Commerce a tout de même produit un document de 14 pages sur la possibilité que la bibliothèque publique de Toronto devienne un hub de gestion des données de la future « smart city ».

La bibliothèque de Toronto a été évoquée pour plusieurs raisons. D’une part, elle dispose d’un capital confiance auprès de la population par sa capacité à fournir un accès libre et équitable à l’information et à ses services. Et d’autre part, la bibliothèque, en tout cas à Toronto, est perçue comme une institution qui possède une certaine expertise en matière de gestion de l’information et dans le domaine de la protection de la vie privée. De son côté SideWalk Lab’s a proposé de confier la gestion des données générées dans le cadre la « smart city » à un organisme indépendant grâce un transfert de propriété soumis à des conditions d’usage et/ou de durée. Bien évidemment, SideWalk Lab’s n’a pas particulièrement approuvé cette idée de déléguer la gouvernance des données aux bibliothèques de Toronto. N’en déplaise à Google, la Chambre de Commerce a déterminé que seule la bibliothèque réunit les trois critères (Expertise en gestion de données, protection de la vie privée, et confiance).

The Board recommends that responsibility and authority for developing a Toronto Data Hub and related policies be assigned to the Toronto Public Library (TPL)

Dans son rapport, la Chambre des Commerces établit un certain nombre de recommandations. L’une d’entre elles positionnent clairement la bibliothèque au cœur du projet et constitue un nouvel éventail d’action de la bibliothèque en lui attribuant de nouvelles missions.

La Toronto Public Library devrait définir le mode de gouvernance du Hub de données ainsi que les règles et protocoles liés à l’utilisation des données. (quels types de données collectées et comment elles peuvent être utilisées).

Ce document est intéressant dans la mesure où il accorde un rôle stratégique et pilote à la bibliothèque à l’échelle de son territoire. Il fait de la bibliothèque un acteur majeur puisqu’il concerne l’ensemble des habitants : tout le monde se déplace dans les rues et sera soumis aux effets de la « smart city ». Si le projet aboutit, la bibliothèque fera office de garde-fou contre les dérives liées à l’exploitation des données personnelles de la population. Le rapport insiste d’ailleurs sur les missions des bibliothèques en matière de protection des données personnelles. Enfin, cela offre une opportunité d’évolution pour les bibliothèques qui leur permettrait de se positionner comme un acteur important dans l’économie numérique alimentée à coups de big data.

Une réponse à “Positionner la bibliothèque au coeur de la « smart city »”

  1. Bonjour Thomas
    Cette note de blog est très intéressante. Je ne résiste pas à l’envie de vous transmettre la référence d’un article que j’ai rédigé sur ce sujet en 2016 :
    Construire un tableau de bord pour la bibliothèque / Marc Maisonneuve in Évaluer la bibliothèque par les mesures d’impacts / dir. Cécile Touitou. – Villeurbanne : Presses de l’Enssib, 2016. – (p. 40 – 51).
    Si cela vous intéresse d’y jeter un coup voici un lien vers cet article :
    https://toscaconsultants.fr/wp-content/uploads/BAO37_PII_1_Maisonneuve_VF.pdf
    Au plaisir de vous lire
    Marc

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