Les bibliothèques, le parent pauvre du livre numérique

Confinement jour 14, j’entame un troisième billet d’humeur sur les bibliothèques pendant la crise sanitaire liée au Covid-19. Les deux premiers sont à lire ici et . Ce nouvel article est consacré à la question des livres numériques.

Franck Riester à deux doigts d’inventer PNB

Tout le monde le dit et le répète, avec le confinement, nous avons plus de temps notamment pour lire. Les bibliothèques qui proposent un accès à des livres numériques constatent une augmentation du nombre d’utilisateurs. On ne peut que s’en réjouir et espérer que cette tendance s’inscrive dans la durée une fois la situation normale rétablie.

Cependant, ce succès ne saurait cacher les difficultés et les barrières qui se dressent pour proposer un service de qualité aux usagers. Le modèle d’accès et les conditions de prêts sont une véritable gabegie. Cela fait des années que ces critiques existent mais ce n’est véritablement qu’aujourd’hui qu’on mesure les difficultés qu’elles représentent. D’ailleurs même quand la presse parle de PNB, ça ne donne pas vraiment envie :

Le confinement accélère la mue numérique des bibliothèques, Télérama

Supplier les éditeurs

Une fois de plus, les bibliothèques se retrouvent dans une position où ils doivent réclamer aux éditeurs d’assouplir les conditions de prêts pour faire face à la demande croissante des usagers. 

Lorsque nous, bibliothécaires, achetons aux éditeurs une licence nous permettant de réaliser 30 prêts, nous ne pouvons en prêter que 5 simultanément et, pour en prêter 5 autres, nous devons attendre que les lecteurs aient « rendu » les 5 premiers. Si nous voulons en prêter 10, il faut acheter une 2e licence, 15 une troisième..

https://www.livreshebdo.fr/article/un-appel-aux-editeurs-pour-assouplir-les-regles-du-pret-numerique-en-bibliotheque

En période de crise, comme celle que nous traversons, le non sens du modèle de PNB est encore plus flagrant. Ce modèle réintroduit un mécanisme de rareté artificielle qui est l’antithèse du numérique caractérisée par une ubiquité de l’accès. En outre, la gestion des DRM, au bout de 6 ans d’existence du service, n’est toujours pas résolue. On peut m’opposer l’arlésienne de LCP mais pour l’instant Adobe est toujours de la partie. Enfin, le système de jetons prouve une nouvelle fois que c’est un modèle défavorable aux finances des collectivités territoriales.

« Pendant ce temps à Vera Cruz »*

Des éditeurs n’hésitent pas à mettre à disposition des titres de leurs catalogues pendant la durée du confinement.

Et nous, nous devons supplier le SNE d’accepter de bien vouloir assouplir les conditions du modèle de PNB pour pouvoir faire face à la demande d’usagers qui se tournent vers les bibliothèques pour obtenir des livres numériques. Cela en dit long sur le rapport de confiance entre le SNE et les bibliothèques.

Bon confinement et prenez soin de vous !

Une réponse à “Les bibliothèques, le parent pauvre du livre numérique”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.